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 La Tombée de l'Hiver - III. La levée du voile.

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Assahab
Grand Commandeur
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MessageSujet: La Tombée de l'Hiver - III. La levée du voile.   Jeu 17 Avr - 15:36

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Ce récit fait suite aux deux premiers volets de la Tombée de l’Hiver, que l’on peut retrouver en suivant ce lien : http://quatretours.positifforum.com/la-haute-galerie-f10/la-tombee-de-l-hiver-ii-asakt-tha-t470.htm

Comme d'habitude, le récit présent est en brun, les souvenirs en violet.

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I. L'éveil.



Assahab revint à lui, caressé par un vent tiède aux senteurs de sève et de terre. Lorsqu’il entrouvrit les paupières, ses yeux le trompèrent tout d’abord et il se crut plongé au milieu d’une nuit sans étoiles. Toutefois, il lui sembla bientôt distinguer au-dessus de lui de lourds rameaux touffus d’épines qui couraient le long d’antiques et augustes sapins jusqu’à en atteindre la cime. Le ciel restait invisible, happé par l’avidité de cette forêt qui se dressait ainsi pour en avaler chaque parcelle, et l’obscurité était profonde. Assahab se redressa, s’appuyant sur la terre noire abondamment couverte de mousse, humant avec une joie nouvelle l’air lourd et humide qui stagnait entre les troncs. Son esprit était aussi clair qu’après un sommeil réparateur. Les pensées sombres qui l’avaient oppressé ces dernières lunes semblaient momentanément effacées, même s’il se souvenait encore très nettement de l’ascension qui avait précédé sa rencontre avec Asakth’ta, sur la Colline des Etranglés : cette voix féminine, douce et presque paisible qu’il avait entendu là-haut était bien celle de la chamane, il ne pouvait se défaire de cette certitude. Il considéra encore un instant la forêt où il se tenait, et trouva enfin le temps de s’étonner.

S’il était une évidence qu’il ne pouvait nier malgré son caractère extraordinaire, c’était que ce lieu noyé de verdure ne se trouvait manifestement pas dans les Tarides, et encore moins au pied de la Colline où il était tombé. Rien ne ressemblait ici aux terres sèches et craquelées recouvrant les hauts-plateaux du centre de Kalimdor. La forêt qui l’entourait était séculaire, lourde, pleine de pieux murmures. Même les oiseaux, chantaient dans une espèce de badinerie réservée, piaillant sagement et évitant toute fantaisie. Tout les êtres suivaient la respiration ample et lente de ce monumental temple végétal, parcouru par de tortueuses et vertigineuses voûtes boisées.

Les yeux du Porteur de la Marque cherchèrent Dun’Galaâd, en vain. Assahab siffla, avec force d’abord, mais sa conviction s’éteignit rapidement, et une rapide inspection des lieux ne lui apprit rien de plus. Il soupira, se ménagea une place sur une vieille souche envahie par le lierre, et ses pensées se concentrèrent sur l’étrange rencontre qui avait précédé son inconscience. Ne reviens plus. Les mots d’Asakt’tha étaient ceux d’une mise en garde sévère et portaient le sceau incontestable de la remontrance, malgré la voix dorée qui les énonçaient. S’il décidait d’y retourner, la prochaine montée de la Colline lui serait assurément fatal. Quant à son ultime conseil, Assahab était à présent tout disposé à le suivre : trouver sa jument et s’en retourner à Hurlevent. Il n’avait délaissé ses devoirs que trop longtemps, et il se sentit rougir de honte à cette seule pensée. En poursuivant une chimère, il avait tout au mieux perdu un temps précieux, et pris de nombreuses décisions inconsidérées et dangereuses. Il fallait retourner au cœur de la Cité, parmi les Pairs des Quatre Familles, là était sa seule place et l’unique objet de toute sa vie.

Il se releva alors, submergé par la résolution nouvelle qui l’envahissait, lorsqu’il aperçut tout à coup, à quelques mètres de lui, une espèce de petit monticule recouvert d’un lichen épais et entremêlé. L’ensemble n’avait rien de particulièrement remarquable. La végétation cachait derrière elle une vieille pierre usée, brisée par le temps et rien n’indiquait qu’elle pût susciter le moindre intérêt. Il décida pourtant de l’étudier, soit qu’il ne désirait pas s’enfoncer immédiatement au plus profond de la forêt pour en trouver la sortie, soit que l’ensemble lui rappelait vaguement une forme familière. Sans précaution particulière, il défit la couverture végétale qui enserrait la pierre pour découvrir une vieille stèle misérable, qui portait les stigmates des innombrables coups du temps. Ses inscriptions étaient pour l’ensemble illisibles, et Assahab en avait pratiquement fait le tour lorsqu’il découvrit une marque, gravée à la base de la pierre tombale, et encore nettement lisible. Son sang se glaça d’effroi. Il reconsidéra la forêt, avec terreur cette fois, pointant son épée vers l’obscurité.


***



« Quand allons-nous nous arrêter enfin ? Je t’assure que personne ne nous suit, et nous allons finir par nous perdre. Je ne suis jamais venu ici. »

- En silence Assahab, en silence. On nous traque, et avec fort peu de discrétion d’ailleurs. Que tu n’aies rien remarqué n’indique qu’une chose : tu ferais un détestable éclaireur, un de ceux qui apporte à coup sûr la victoire à l’armée adverse. Une armée de kobold pourrait te passer sous le nez sans se faire remarquer. Couvre mieux tes traces, comme je te l’ai montré. Hâte-toi !

Le jeune homme grommela ostensiblement pour faire connaître son mécontentement, mais n’en suivit pas moins à la lettre les conseils de Perce-Neige. Voilà près d’une heure qu’ils avaient quitté le lieu habituel de leur rencontre et s’enfonçaient dans l’épaisse forêt qui les bordaient au nord. A peine Assahab avait-il eu le temps de faire part à son amie de ses projets que cette dernière l’avait entraîné, sans ménagement, s’enfonçant par-delà la lisière des forêts septentrionales. A présent, Perce-Neige avançait sans hésitation apparente, s’arrêtant de temps à autre pour jeter un coup d’œil suspicieux aux alentours. Parfois, elle commandait subitement le silence, sa main agrippait la petite dague qu’elle portait toujours à la ceinture, et ses yeux luisaient d’un l’éclat féroce. Elle attendait alors, immobile, pendant de longues secondes avant d’indiquer dans un mouvement tout militaire qu’il était nécessaire de progresser encore. Assahab avait suivi ce curieux ballet d’un œil d’abord distrait et amusé, mais soufflait d’ennui à présent. Il observait en revanche avec délectation le moindre des mouvements de la jeune femme, se troublait devant la grâce de ses gestes et ne devait qu’à une récente habitude diplomatique la force de ne pas rougir à chaque fois qu’il croisait son regard. Lorsqu’au hasard de leur marche il se retrouvaient côte à côte, il en fermait presque les yeux, se laissant guider par l’odeur musquée et franche qui émanait de la jeune femme, si différente des parfums raffinés qu’exhalaient les jeunes filles nobles de Lordaeron. Bien entendu, elle remarquait immanquablement ces moments d’éveil contemplatif dans les yeux de son jeune amant, et faisait alors mine de s’en irriter, malgré l’aise qui transparaissait dans sa voix.

Perce-Neige se figea, tout à coup, fixant la jeune Plume, les traits tendus. Assahab s’immobilisa, suivant le mouvement. La concentration de la jeune femme lui sembla si extraordinaire qu’il se résolut à ne pas l’interrompre. Ils étaient arrivés à un emplacement particulièrement sombre du bois, où le soleil peinait à percer le mur oppressant des branchages. La vue elle-même ne portait pas loin, freinée par l’enchevêtrement complexe des troncs qui se serraient comme autant de parties d’une même colonne. Perce-Neige maintint encore quelques instants sa posture, puis sa mine d’argile s’éclaira soudainement et un sourire moqueur naquit sur ses lèvres.

« Ceux qui nous suivent ne veulent pas nous détrousser, mais bien nous protéger. Je ne peux plus avoir de doute devant les méthodes employées. Un poursuivant ne couvrirait pas ses arrières de la sorte. Eh bien, as-tu donc encore si peur pour ta vie, lorsque tu viens me rejoindre, que tu te fais accompagner d’une garde personnelle pour couvrir tes arrières ? Monseigneur prend de mauvaises habitudes depuis qu’il se croit important. La moitié des Quatre Tours doit arpenter la forêt en ce moment même à ta recherche, je suppose. »

Assahab ouvrit la bouche pour protester, mais Perce-Neige ne lui en laissa guère le temps. Plaçant ses mains ouvertes autour de sa bouche, elle cria, d’une voix claire qui n’était pas sans raillerie :

« Que Monseigneur veuille bien s’avancer et se présenter à nous. Venez, que nous puissions saluer notre Protecteur ! »

L’écho de sa voix résonna quelques instants puis s’éteignit sans qu’aucun événement particulier ne survint. Le silence retomba, aussi lourd qu’avant.

« Allons bon, quand je te disais que vous n’entendiez rien aux choses les plus simples, et ne procédiez qu’au prix d’inimaginables complications, voilà de quoi je parlais. Appelle-le, puisqu’il est des tiens. Et appelle-le vite, que je puisse juger de la qualité de ta suite. »

Cette fois, Assahab fut trop désorienté pour répondre. Les mots de Perce-Neige lui avaient semblé obscurs, un temps, mais le voile s’était levé tout à coup, et il saisissait entièrement à présent la portée de ces paroles. Si elle disait vrai, ils étaient suivi, non par quelque canaille cupide qui en voulait à son or, mais par un Pair des Quatre Familles. On l’espionnait, donc, et les raisons pouvaient en être innombrables. L’espace d’un instant, Assahab s’attendit à voir fondre sur lui un Inquisiteur que le terrasserait en lui exposant la liste complète de ses manquement avant de le bannir définitivement de l’Ordre. Il mentait à tous, depuis des mois, et avait caché à sa plus proche famille, à ses plus proches amis, la nature des marches quotidienne qu’il entreprenait loin de la Grande Demeure. Cette pensée s’insinua si sûrement dans son esprit qu’il en conçut la certitude, et ses joues devinrent livides.

« Appelle-le, répéta Perce-Neige, les doigts virevoltant d’impatience ».

Hochant doucement la tête, la Plume consentit enfin à s’exécuter, et déclama d’une voix terne le salut traditionnel des Pairs de l’Ordre.

« Galaâd Dâr Anmar I Dûr Arith Dâr. Puissent les desseins de l’Ordre se réaliser, et le nom et le visage des Illustres qui suivent notre sillon nous être connus. »


A peine avait-il prononcé ces mots qu’une ombre se dégagea derrière lui. Avant qu’il ait seulement pu se retourner, Perce-Neige s’était déjà précipité vers l’apparition, dague à la main, dans un mouvement d’une fureur incontrôlée, prête à frapper. Mais son bras s’était à peine détendu qu’une douleur aiguë transperça son épaule, et elle s’effondra lourdement sur le côté, laissant échapper un cri plaintif. L’agresseur s’avança et Assahab put enfin le dévisager. C’était un homme d’imposante carrure, au visage noué de sévérité et barré sur toute la largeur de son front par une balafre disgracieuse. Ses larges épaules encadraient une poitrine impressionnante qui soutenait sans peine un plastron en plaque aux reflets dorés rehaussé d’épaulières démesurées et éclatantes. Le tabard des Quatre Familles flottait par dessus cet incroyable équipement et dans son ensemble, il donnait l’impression d’une parfaite machine de guerre. Assahab entreprit de contenir la frayeur déraisonnée qui l’avait submergé, et se découvrit adossé à un arbre : il avait reculé instinctivement de plus de dix pas. Déjà, il s’était plié dans la plus parfaite des Athimies, saluant en Ancienne Langue d’une voix ferme et respectueuse :

« Mes hommages, Plume Thivaël. Je me nomme Gaëldran Phienan Al’Sokhar Al’Pilisandrë, Impérial de la Veille, et j’exécute les volontés du Porteur de la Marque. »

La position de ce Pair et sa posture déférente de cet homme ne purent anéantir l’appréhension que concevait Assahab. Bien au contraire, la présence d’un Pair aussi important le plongea dans une profonde angoisse, et il pressa l’intrus de questions.

« Quels sont vos ordres ? Pourquoi vous cacher ainsi ? Parlez, je l’exige !

- Seul le Haut-Capitaine ou le Porteur lui-même peuvent exiger et plier ma volonté, répliqua Gaëldran d’une voix parfaitement calme. Cependant, Monseigneur Gauphron n’a pas indiquer qu’il souhaitait couvrir ma mission de silence, aussi puis-je vous en communiquer la nature sans réserve ni délai. Le Grand Commandeur a souhaité voir votre protection garantie, comme la veut l’antique coutume, et s’est donc assuré le concours des meilleurs éléments de la Veille de Strom. Il a lourdement insisté sur le caractère vital de cette mission, mais a cependant souhaité que nous agissions avec toute la discrétion possible.

Assahab observa avec effroi la mécanique mortelle qui s’exprimait ainsi avec une voix de taureau. Les nouvelles qu’il entendait l’avaient plongé dans un état de profonde consternation. Cet homme et quelques autres le suivaient, la Lumière seule savait depuis quand. Ils composaient l’élite guerrière des Quatre Familles, la force brute forgée depuis deux millénaire par les préceptes les plus âpres et n’étaient employés que dans les conflits les plus graves ou pour les affaires attenant à la sécurité du Porteur lui-même. Qu’il s’en trouvât quelques uns chargés de sa protection indiquait à Assahab qu’on lui accordait la plus haute attention, et il osait à peine en imaginer la raison. Son regard se porta rapidement sur Perce-Neige, qui s’était relevé et se tenait piteusement le bras. Il songea avec trouble qu’elle avait été vraisemblablement traitée avec douceur, et simplement repoussée. La riposte habituelle de la Veille était pourtant bien moins douce. C’est donc que l’Impérial la considérait comme faisant partie de ses alliés, ou donc qu’il la connaissait. Assahab inspira profondément et somma l’Impérial de l’éclairer, même s’il n’était pas sûr de vouloir connaître ses réponses :

« Depuis combien de temps me protège-t-on, et pourquoi m’accorde-t-on un honneur dont seul le Porteur peut se prévaloir ? »

Gaëldran haussa les sourcils de surprise, comme si l’évidence des faits n’avait aucunement besoin d’explication, puis répondit aux sollicitations du jeune homme.

« Dans cinq jours, les commandements du Porteur auront été prononcés voilà trois lunes.

- Trois Lunes !, répéta machinalement Assahab, comme frappé par la foudre.

- Notre mission se terminera très exactement dans trois jours, date à laquelle vous serez convoqué auprès de l’Assemblée du Haut-Concile. Monseigneur Thivaël votre Père vous en aura très certainement mis au détail du déroulement de cette future cérémonie. »

Gaëldran s’interrompit enfin, les yeux roulants de surprise, devant l’hébétude d’Assahab.

« Allons il n’est pas envisageable qu’on ne vous ait rien dit des grands desseins que la Haut-Concile a forgé pour vous, reprit-il, bien moins assuré qu’auparavant. »


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Dernière édition par Assahab le Jeu 17 Avr - 15:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Tombée de l'Hiver - III. La levée du voile.   Jeu 17 Avr - 15:37

Suite et fin du texte précédent

Assahab avait levé la main, et demandé le silence. Tout le fil de ces
dernières semaines venait de s’assembler d’un seul coup dans sa tête. Il avait été, durant tout ce temps, trop préoccupé par l’image éclatante de la jeune femme qui guidait ses sens pour s’apercevoir du lent ballet qui s’organisait autour de lui. Ou alors croyait-il pouvoir retarder le moment en refusant de tenir compte de tous les signes qui s’accumulaient. La réalité venait de le rattraper. Lentement, Assahab s’approcha de Perce-Neige, et l’enlaça tendrement sans tenir compte de la présence de l’Impérial qui observait d’ailleurs la scène sans manifester la moindre émotion. La jeune femme le regarda, tremblante de surprise, découvrant sans le comprendre un éclat nouveau dans les yeux de son amant et écouta, suffoquée, les paroles solennelles qu’il lui murmura à l’oreille.

« Je dois partir, sur l’heure, et je te conjure de m’épargner ton courroux car seul un devoir vital m’impose un départ si précipité. On m’attend, à Lordaeron, je ne le comprends que trop bien à présent. La Fortune n’a pas encore tissé entièrement le fil sur lequel nous avançons, aussi ne suis-je pas en mesure de tout te révéler pour le moment. Mais n’oublie jamais ceci : je t’ai promis que nous prononcerions nos Vœux. Et nous les prononcerons, j’en fais le serment, devant toi, et sur mon honneur. C’est là mon engagement le plus vital, et je serai le plus vil des hommes si je venais à l’oublier. Dans quatre jours, sur les hauteurs, rejoins-moi, à l’endroit convenu, derrière le rocher chéri par nous deux, et je te dirai tout, alors. »

- Tu as intérêt, répliqua Perce-Neige en tirant la langue, mais sa voix était rauque, tant elle sentait le bouleversement profond qui secouait son amant. .


Enfin, Assahab s’en alla, lentement, comme voûté par quelque poids invisible, et l’imposante masse de Gaëldran lui emboîta le pas. Perce-Neige contempla tant qu’elle put ce colosse devant qui la forêt elle-même semblait s’écarter avant de les voir enfin disparaître, non sans pester silencieusement et non sans émotion contre le malappris qui l’abandonnait de la sorte.

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