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 [HISTOIRE] Le Havre d'Ësahmë

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Assahab
Grand Commandeur
Assahab

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MessageSujet: [HISTOIRE] Le Havre d'Ësahmë   Mar 16 Déc - 18:23

Le Havre d’Ësahmë


[HRP]

Ce texte introduit l’une des nouvelles institutions de l’Essence, Le Havre, actuellement nommée un peu malheureusement « L’Equipe Médicale ». Elle intègre l’aspect « soins » de la branche, mais en étend l’esprit pour gommer le côté PvE pur qui lui colle trop à la peau et pour l’intégrer naturellement dans le background de l’Ordre. Ses fondations trouvent écho dans le Serment des Quatre. J’insiste également pour y insérer une dimension mystique, absolument nécessaire à l’Ordre : elle me semble trouver dans le Havre une plénitude fervente que les travées trop studieuses de la future Académie ne contiennent pas. C’est un des principaux ressorts RP du background de WoW, et il serait vraiment dommage de s’en priver.

L’action se place vers l’an 85 de la Fondation, ce qui m’amènera à modifier la période des Temps Obscurs en la repoussant d’une cinquantaine d’année, si le principe de cette histoire vous convient !

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Les temps agités qui entourèrent le Serment des Quatre ne laissèrent pas une seconde de répit aux Fondateurs et à ses humbles successeurs. Après l’unification, les dissensions sourdes qui sommeillaient à Strom et les ambitions démesurées de quelques Comtes cherchant pouvoir et indépendance trouvèrent bien vite l’occasion de se déchaîner. Moins de trois siècles après sa naissance, Arathor fut plongé dans une succession macabre de conflagrations guerrières et intestines, qui ne cessèrent dès lors de ronger les murailles de la Capitale, pour laisser la patrie exsangue quelques siècles plus tard. Sans doute ce jeune Royaume n’eut-il pas dû supporter de si terribles supplices avec tant de vaillance. Sans doute eut-il même dû s’effondrer immédiatement, car c’était là le souhait de bon nombre d’insolents esprits qui raillaient les anciens discours sur l’union nécessaire et traitaient avec méfiance l’allié elfique. Il n’en fut rien.

En ces temps-là, un sang neuf coulait encore dans certaines veines, et l’Ordre par-dessus tout incarnait cette généreuse rébellion qui dévorait la gangrène. Galvanisé par l’esprit flamboyant du Pacte, son courage ne cédait rien à l’avidité, et le Lion affolait sans relâche la meute sournoise des loups hurlants qui voulaient le mordre. Partout où la sédition levait ses armes, l’Epée s’engageait aux côtés des troupes royales, épaulé par la précieuse puissance de l’Essence. Là où grondait la révolte et sévissaient les complots, la Plume s’acharnait avec faconde pour maintenir la paix et obtenir les redditions. En ces temps-là, l’avenir se jouait loin de Strom et les Quartiers de l’Ordre êtaient bien vides. A peine y rencontrait-on quelques novices et des Intendants qui se mourraient d’ennui.

Cependant, les troubles avaient jeté sur les routes d’honnêtes familles et travesti de douleur bien des âmes honnêtes. Un flot incessant de réfugiés convergeait vers la Capitale pour y trouver protection et salut. Bien vite, les hostelleries, les refuges et les hôpitaux se trouvèrent submergés, et les rues de Strom se gonflèrent peu à peu de misère, de blessés et de vagabonds. Les châteaux étincelants et les hautes tours de glorieuse mémoire recueillirent à leur pied cette marée accablée de malheur. On ne s’en soucia guère pourtant. Les esprits des dignitaires étaient trop accaparés par les horizons lointains, et en oubliait le sol dévasté qui s’étendait juste sous leurs pieds.

Il fallut l’âme simple et aimante d’une novice, Ësahmë, bercée par le verbe magnifique du Pacte, touchée par la grâce de la Lumière, pour s’émouvoir de la situation. La première, elle s’imagina l'émoi des Fondateurs rencontrant ces vies vêtues de méchants haillons, traversant ces places pleines de pères mendiant pour leurs fils. La première, elle dut reconnaître que l’Ordre n’accomplissait pas en ces heures glorieuses les desseins qui devaient être les siens, que les fidèles Sujets du Roi n’étaient que trop oubliés. La première, elle fut emportée de honte à la vue du confort chaleureux de sa propre chambre. Fort heureusement, la sagesse des Quatre et l’esprit mystique de sa foi éclairèrent le cours de la Fortune en cet instant de tourmente, et lui dictèrent ses actes.

Elle prêcha tout d’abord auprès de ses Pairs, souvent maladroitement, mais toujours avec ferveur. Ses discours n’étaient pas de ceux qui enflamment le cœur ou emportent une foule, mais ils étaient si touchants et si cruels de componction qu’ils amenaient chacun à se recueillir et à réfléchir au sens précis de ses devoirs. Une petite troupe de Pairs lui apporta bientôt son soutien, et l’on vit alors ces novices, ces palefreniers, ces hommes et femmes sans grade ni titre, arpenter les rues, distribuant les aumônes, soignant ceux qui se croyaient définitivement perdus, et prêchant sans relâche les bénéfices des Fondements. L’affaire eut tant de retentissement que les haut-dignitaires de l’Ordre partis au front en furent informés et s’en émurent.

Un Concile extraordinaire fut organisé, non à Strom comme l’exigeait la coutume, mais au Nord, là où se trouvaient les Capitaines de l’Epée qui ne pouvaient quitter les lieux sombres de la bataille. Là, à l’abri d’une tente de fortune et plongé au plus profond des brutalités guerrières du combat se tint l’audience la plus extraordinaire qui fut. Ësahmë s’avança vers l’estrade, qui accueillait d’habitude les plus hauts dignitaires et les plus éloquents conseillers. Elle n’était pas de ces jeunes femmes fières qu’autant d’attention gonflait d’orgueil et d’importance. Elle n’était qu’une jeune novice, tremblante d’inquiétude, transie de respect, et son cœur emballé ne lui laissa pas une seconde de répit. Bredouillante, maladroite, elle exprima devant cette si belle assemblée ses doutes, ses convictions également, et rappella à tous les paroles simples issues de l’antique Fondation. Elle ne sut pas à remuer les esprits habitués à plus de beauté formelle, mais ébranla assurément les âmes. A la suite de son discours, les Commandeurs se rassemblèrent de longues heures durant, abandonnant un temps les inexorables promesses de bataille.

La stupéfaction gagna les rangs à leur retour. Les quatre personnages s’avancèrent vers Ësahmë, étourdie par les évènements, et s’agenouillèrent devant elle pour lui baiser les mains et lui rendre grâce de leur rappeler ainsi leurs propres devoirs. Ordre fut donné d’envoyer immédiatement une mission auprès du Roi pour obtenir la mise à disposition d’un lieu qui servirait les œuvres de la jeune novice. La requête suscita l’enthousiasme de Sa Majesté, trop doux pour la guerre et la politique, mais sincèrement généreux pour son peuple lorsqu’il n’était pas berné par ses conseillers. Une large enceinte fut réquisitionnée pour Ësahmë et tous les Pairs qui voulaient la suivre. De cette bâtisse humide et sombre, ils firent un Havre accueillant et charitable, apaisant les blessés, consolant les désespérés, apposant sur les âmes écorchées des onguents d’apaisement, suscitant même les vocations les plus surprenantes dans toutes les branches de l’Ordre. Ce Havre accueillit bientôt tant de volontés que l’Essence institutionnalisa définitivement l’établissement.

Ësahmë, perdue au milieu de ces responsabilités qui la dépassaient, n’en fut jamais la dirigeante. Confiant ces lourdes tâches à d’autres, elle se borna tout au long de sa vie à soigner, à prier, et à faire croître chez chacun l’espérance qui lui était dû. Le Havre, lui, perpétua son admirable tradition jusqu’à la Troisième Guerre, étendant son action hors de son enceinte originelle et traquant les sombres vicissitudes de la destinée dans les recoins les plus reculés, incarnant avec humilité les Fondements les plus élémentaires de toute vie humaine : la chair est vouée à la souffrance et au dépérissement, l’esprit au réconfort et à la vertueuse félicité.

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