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 [HISTOIRE] La Plume - Commentaires anonymes

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Assahab
Grand Commandeur
Assahab

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MessageSujet: [HISTOIRE] La Plume - Commentaires anonymes   Mer 22 Aoû - 13:40

[HRP] Ce texte a pour principal objectif de servir de petite introduction à la page de la plume, sur le portail, actuellement en cours de refonte. [/HRP]


La plaine entière vacillait, tiraillée entre la nuit et les traînées pourpres de l'aurore naissant. Il me semblait que déjà le sol humide portait en lui-même la sombre prémonition du sang qui allait le souiller, des pas et des sabots ferrés qui piétineraient ses herbes basses. Les deux armées se faisaient face, gigantesques, terrifiantes et silencieuses. Nous attendions la main levée du Capitaine pour déverser l'enfer hors de nos carquois et de nos fourreaux. J'étais fébrile, le coeur suspendu à la promesse funeste de l'ordre d'attaque. Cet endroit était notre église et notre tombeau. Tout à coup, nos lignes s'écartèrent et les Epées observèrent avec un respect incrédule le pas noble d'une femme qui s'avançait sans peur. Elle ne portait ni d'armure, ni heaume, mais une fine robe de soie blanche qui resplendissait, réhaussée des armoiries de l'ordre. Sa ceinture ne retenait pas la moindre arme, et elle allait à pied, tirant derrière elle une fière monture. Rapidement, un drapeau fut hissé, bien en évidence, pour être visible de l'ennemi. Le son cuivré d'un cornet déchira l'air tiède du matin.

De l'autre côté, trois chevaux se détachèrent de la cohue informe qui formait la première ligne de l'infanterie adverse. Il y avait là un Porte-Etendard, le Grand Maréchal, et le Monarque renégat qui contestait la suprématie de Strom. Une voix claire avait crié un ordre bref parmi nos rangs, et nous vîmes, ébahie, la jeune femme se ruer au galop vers l'ambassade qui arrivait vers nous. Des commentaires fusèrent, et la folie de l'imprudente fut rapidement considérée comme avérée. Enfin, au milieu du champ qui allait sceller nos Hauts-Faits ou notre mort indigne, la délégation ennemie s'arrêta, et l'apparition immaculée qui nous représentait en fit autant. De ma position, il m'était impossible d'entendre quoi que ce soit. Bientôt, la nervosité s'empara des soldats, le bruissement nerveux des armes frappant le sol devint insoutenable. Les minutes s'étirèrent, coulaient comme un liquide visqueux qui semblait ne jamais devoir avancer. N'y tenant plus, je me détournai moi-même pour trouver quelque compagnon avec qui converser.

Soudain, un murmure de stupéfaction parcourut notre armée. Je me retournai, et ma main dut s'appuyer sur ma lance pour éviter que le sol ne se dérobât sous mes pieds, tant ma suprise était grande. La jeune femme avait la incliné la tête et tendait une main. Devant elle, agenouillé dans une position d'infinie déférence, l'homme que nous craignions tous et qui promettait notre mort et la destruction de nos demeures tenait dans ses mains sa propre couronne, et la présentait devant lui. A l'horizon, des fanions blancs furent hissés de toutes parts. Nombre d'entre nous se frottèrent les yeux pour s'assurer de ce qu'ils voyaient. Le doute n'était plus permis, l'ennemi se retirait. Abasourdis, nous suivîmes le galop rapide de la jeune femme qui revenait vers nous. Elle s'arrêta à quelque pas des cavaliers, tenant dans sa main la tiare royale qui avait menacé Arathor durant de longs mois, et cria d'une voix assurée qui nous pétrifia d'aise et de respect.

« Pleurez de joie et bénissez l'oeuvre de sagesse qui emplit cette plaine en ce jour béni ! Il ne sera pas un seul Pair de cette armée glorieuse qui ne pourra retrouver dès demain sa femme, ses enfants, et le doux confort de son foyer ! Le traître s'est rendu à nos arguments, et à notre cause ! Gloire aux Quatre Familles, et Gloire à l'Epée ! »

Nous écoutions, en silence, emplis d'une reconnaissance que nous ne savions nommer. Enfin, notre Capitaine cria, et ses mots se répandirent en un instant parmi nos rangs.

« Gloire à La Chancelière ! Gloire à la Plume ! Longue vie aux Quatre Familles ! »

Ni moi, ni aucun de mes compagnons n'avons jamais su les paroles qui furent prononcées au milieu de cette plaine à laquelle on promettait un funeste destin. Mais nous avons gardés en nous le souvenir vivace de cette femme inoffensive qui d'un seul mot avait fait plier la plus cruelle des armées.

Karahn Phaenin Al'Persin Al'Nemih, Maître de l'Essence, Commentaires anonymes (~867) in Troubles et rebéllions -Une histoire de l'Ordre au IXème siècle de la Fondation (1145, Calendrier Aszéaris).

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